LAYR
Philipp Timischl / Connaisseur du conflit / Connoisseur of conflict / Vienna Coburgbastei
4.5.–19.6.2021
4.5. –
19.6.2021

Features:

Philipp Timischl, Connaisseur du conflit / Connoisseur of conflict,  Contemporary Art Daily (2021)

Philipp Timischl, Connaisseur du conflit / Connoisseur of conflict,  Art Viewer (2021)

Philipp Timischl, Connaisseur du conflit / Connoisseur of conflict,  Contemporary Art Writing Daily (2021)

Nicole Scheyerer, (Review) Konfliktkenner in Action, in: Falter (May 2021)

 

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(fr)

Texte original de Pierre-Alexandre Mateos et Charles Teyssou

Traduction du français vers l‘anglais par l‘artiste

De l‘anglais vers l‘allemand par LAYR

Le connaisseur, ce personnage excellant dans le domaine du goût, présidant à la bonne utilisation des mots et des choses, celui que l’on révère autant que l’on craint son arrivé dans les salons européens a disparu de l’estrad. Pourtant, c’est bien cette figure au col serré et à la verve sèche ayant le pouvoir de trancher dans le brouillard des manières-, départageant le « do » du « don’t » que met en scène Philipp Timischl dans cette exposition. Mais littérateur plus que métaphysicien, mondain plus qu’académicien, artiste plus que scientifique, ce dernier joue avec la part indicible de l’horlogerie sociale à travers six apparitions sous forme de vidéos-sculptures. Tic-Tac Tic-Tac…

L’exposition d’art est une arène sociale dont le vernissage est l’acmé. Voix trébuchantes, jugements à l’emporte-pièce, lumière médicale de la galerie n’épargnant aucun faux-pas. Comme à son habitude chez Timischl, ce rituel social ou l’on s’esclaffe à tue-tête pour signifier son appartenance est mise en scène dès le seuil d’un espace dont la membrane extérieure est aussi invisible que répulsive. Try not to laugh (dog fails) et Try not to laugh (humans fails / stupidity at it’s best) sont les cerbères de ce jeu venant souligner la part cruelle du rire. Agrémentés de deux bêtes aux regards matois, ces deux oeuvres surplombent l’abime de vidéos de chute à haute charge virale. Certains félins se réjouissent de voir les autres tomber. 

Cette chorégraphie est mise en abime une nouvelle fois avec A man of importance, a man of affairs. Tirée de la série anglaise Agatha Christie‘s Poirot, elle scénarise le sacro-saint conflit entre le sachant et le détenant, le capital intellectuel et financier. C’est deux gentilshommes sont surplombés par Egalité & Egalité, oeuvre dramatisant la célèbre sculpture de la Marianne de Léopold Morice situé Place de la République à Paris devenu le lieu privilégié des luttes sociales. Rendue à l’état de publicité par l’artiste, cette oeuvre est le commentaire ironique sur un pays obsédé par l’idée de réifier ses idéaux en allégories au point de transformer la capitale en Las Vegas Strip du monument.

Chaque siècle a l’effigie qu’il mérite et c’est maintenant la Madone de Calabasas avec en guise de coiffe une finition capillaire signée Chris Appleton qui fait office d’emblème contemporain. Kim and Courtney FIGHT Over Work Ethic comprend une séquence de la téléréalité Keeping up with the Kardashians, Vaudeville du nouveau millénaire à l’origine de la canonisation de Kim. Il est surmonté d’un panneau en fausse fourrure sur lequel le titre de la pièce est tagué à la manière d’une action agitprop de la PETA. Timischl a fait sien la 

fameuse devise de John Baldessari « I Will Not Make Any More Boring Art ». Car si notre Emily in Paris navigue la bohème européenne, une partie de son âme oscillera toujours entre West Hollywood et le Steiermark. Plus profondément encore, il entérine un modernisme pop célébrant le mariage a priori contre nature entre la culture de l’Entertainment et celle, sacerdotale, du modernisme. Notre Clément Greenberg à la sauce TMZ, rejoue l’épique formaliste de la recherche de planéité mais sous perfusion d’une pop calibrée pour iPhone. Yung Eilish / Billie Lean en est la preuve. Combinant le visage de la baby popstar Billie Eilish avec le baby rapper Yung Lean, cette pièce semble consacrer la culture mass-indie ou la manière dont le capitalisme tardif manufacture la singularité à échelle industrielle. 

Le connaisseur, figure de la modernité parente du flâneur, est plongé ici dans les eaux saumâtres d’une culture n’obéissant plus à la verticalité du high and low. Il acquière dans cette exposition une dimension fractale empruntant à la fois à la rythmique urbaine des écrans publicitaires et la versatilité culturelle d’un catalogue Netflix. De Poirot à Kim en passant par Billie, Timischl est passé maitre dans l’organisation du conflit entre les formes, les habitus de classe, et ses égéries. Une science de la guerre qui passe par l’hyperstimulation visuelle, des énucléations softs face au scrolling intempestif, une anthropologie de l’oeil en somme qui prend le risque de la neurasthénie. 

(eng)

Original text by Pierre-Alexandre Mateos and Charles Teyssou

French to English translation by the artist

English to German by LAYR

The connoisseur, that character excelling in the field of taste, presiding over the proper use of words and things, the one who is revered as much as feared in European salons, has disappeared from the stage. However, it is specifically this figure with a tight collar and dry verve – with the power to cut through the fog of manners – separating the “do“ from the “don‘t“ that Philipp Timischl presents in this exhibition. But he is more of a litterateur than a metaphysician, more of a socialite than an academic, more of an artist than a scientist. He plays with the unspeakable part of the social clockwork through six appearances in the form of video-sculptures. Tic-Tac Tic-Tac… 

The art exhibition is a social arena of which the vernissage is the climax. Stumbling voices, harsh judgments, the medical light of the gallery sparing no misstep. As usual with Timischl, this social ritual where one laughs at the top of one‘s lungs to signify one‘s belonging is staged at the threshold of a space whose outer membrane is as invisible as it is repulsive. Try not to laugh (Dog fails) and Try not to laugh (Humans fail / Stupidity at its best) are the Cerberus of this game that underlines the cruel part of laughter. Embellished with two sly-eyed beasts, these two works overlook the abyss of highly viral fail videos – Some felines are happy to see others fall. 

This choreography is ruptured once again with A man of importance, a man of affairs. Taken from the English series Agatha Christie‘s Poirot, the play dramatizes the sacrosanct conflict between the knowing and the holding, the intellectual and financial capital. These two gentlemen by Egalité & Egalité, a work dramatizing the famous sculpture of the Marianne by Léopold Morice, located on the Place de la République in Paris, which has become the privileged place of social struggles. Rendered as a duplicate by the artist, this work is an ironic commentary on a country obsessed with the idea of reifying its ideals into allegories to the point of transforming the capital into the Las Vegas Strip of monuments. 

Every century has the icon it deserves, and it is now the turn of the Madonna from Calabasas, her crown styled by Chris Appleton to become our contemporary emblem. Kim and Courtney FIGHT Over Work Ethic features a sequence from the reality show Keeping up with the Kardashians, the new millennium vaudeville that canonized Kim. It is topped with a faux fur panel on which the title of the piece is tagged in agitprop PETA manner. Timischl made John Baldessari‘s famous motto “I Will Not Make Any More Boring Art“ his own. Because no matter how well our Emily in Paris tries to navigate the european bohemia, a part of his soul will always oscillate between West Hollywood and the Steiermark. Even deeper still, he 

ratifies a pop modernism celebrating the a priori unnatural marriage between the culture of entertainment and that, sacerdotal, of modernism. Our Clement Greenberg in TMZ sauce, restages the epic formalist quest for flatness, infused with pop calibrated for iPhones. Yung Eilish / Billie Lean is the proof. Combining the face of baby pop star Billie Eilish with baby rapper Yung Lean, this piece seems to enshrine mass-indie culture or the way late capitalism manufactures singularity, on an industrial scale.

The connoisseur, a figure of modernity related to the flâneur, is plunged here into the brackish waters of a culture no longer obeying the verticality of high and low. In this exhibition, he acquires a fractal dimension borrowing from both the urban rhythm of advertising screens and the cultural versatility of a Netflix catalog. From Poirot to Kim via Billie, Timischl is a master at organizing the conflict between forms, class habits, and his muses. A science of war which uses visual hyperstimulation, softs enucleations vis-a-vis the inopportune scrolling, an anthropology of the eye in short, which takes the risk of neurasthenia.

(de)

Original Text von Pierre-Alexandre Mateos & Charles Teyssou

Übersetzt aus dem Französischen ins Englische von dem Künstler

Englisch zu Deutsch von LAYR

Der Connaisseur, dieser Charakter, der sich auf dem Gebiet des Geschmacks hervorgetan hat, der über den richtigen Gebrauch von Wörtern und Dingen herrscht – verehrt und gefürchtet in den europäischen Salons – ist von der Bühne verschwunden. Doch ist es eben diese Figur mit engem Kragen und trockenem Elan – welche die Macht hat, im Nebel der Manieren zu entscheiden -, die das „Do“ vom „Don‘t“ trennt, welche Philipp Timischl in dieser Ausstellung inszeniert. Er ist mehr literarischer Mann als Metaphysiker, mehr Prominenter als Akademiker, mehr Künstler als Wissenschaftler. Er spielt mit der unaussprechlichen Rolle des sozialen Uhrwerks durch Auftritte in Form von sechs Videoskulpturen.

Die Kunstausstellung ist eine soziale Arena mit der Eröffnung als deren Höhepunkt. Stolpernde Stimmen, harsche Urteile und das medizinische Licht aus der Galerie, welches keine Fehltritte erlaubt. Wie bei Timischl üblich, wird dieses soziale Ritual, bei dem Menschen lautstark lachen, um ihre Zugehörigkeit zu kennzeichnen, von der Schwelle eines Raums aus inszeniert, dessen äußere Membran ebenso unsichtbar wie abstoßend ist. Try not to laugh (Dog Fails) und Try not to laugh (Humans Fail / Stupidity at its best) sind der Cerberus dieses Spiels, das den grausamen Teil des Lachens betont. Diese beiden Arbeiten, mit zwei schlau-äugigen Biestern verziert, sind es, welche den Abgrund viraler Fail Videos überblicken. Einige Katzen freuen sich, wenn andere fallen.

Diese Choreografie wird noch einmal mit einem Man of importance, man of affairs unterbrochen. Entnommen aus der englischen Serie Agatha Christies Poirot geht es um den sakrosankten Konflikt zwischen Wissen und Besitz, intellektuellem und finanziellem Kapital. Diese beiden Herren Egalité & Egalité überblickt, einem Werk, das die berühmte Marianne-Skulptur von Léopold Morice am Place de la République in Paris dramatisiert, der zum privilegierten Ort sozialer Kämpfe geworden ist. Diese vom Künstler als Duplikat dargestellte Arbeit ist der ironische Kommentar zu einem Land, das von der Idee besessen ist, seine Ideale als Allegorien zu manifestieren, um die Hauptstadt in den Las Vegas Strip des Denkmals zu verwandeln.

Jedes Jahrhundert hat das Bildnis, das es verdient, und jetzt ist es die Madonna von Calabasas mit einer Chris Appleton Frisur als Kopfbedeckung, die als zeitgenössisches Emblem dient. Kim und Kourtney FIGHT Over Work Ethic zeigt Aufnahmen aus der Reality-Show Keeping up with the Kardashians, unserer New Millennium Vaudeville, die zu Kims Heiligsprechung führte. Die Aufnahmen werden mit Kunstpelz gekrönt – der Titel der Arbeit 

aufgesprüht im Stil einer PETA-Agitprop-Aktion. Timischl hat sich John Baldessaris berühmtem „I Will Not Make Any More Boring Art“ bedient. Denn so sehr sich unsere Emily in Paris auch durch die europäische Bohéme navigiert, schwingt ein Teil seiner Seele dennoch für ewig zwischen West Hollywood und der Steiermark. Befürworter einer Popmoderne, welche die a priori unnatürliche Ehe zwischen Unterhaltungskultur und der priesterlichen Kultur der Moderne feiert, spielt unser Clément Greenberg in TMZ-Sauce das formalistische Epos der Suche nach Flachheit nach; infused mit Pop und kalibriert für das iPhone. Yung Eilish / Billie Lean ist ein Beweis dafür. Dieses Stück kombiniert das Gesicht von Baby-Popstar Billie Eilish mit Baby-Rapper Yung Lean und scheint Mass-Indie-Kultur als Heiligtum zu verankern, ähnlich wie der Spätkapitalismus im industriellen Maßstab Individualität generiert. 

Der Connaisseur, eine Figur der Moderne, die mit dem Flaneur verwandt ist, taucht hier in das Brackwasser einer Kultur ein, die der Vertikalität von High und Low nicht mehr gehorcht. In dieser Ausstellung erhält er eine fraktale Dimension, die sowohl dem urbanen Rhythmus von Werbebildschirmen als auch der kulturellen Vielseitigkeit eines Netflix-Katalogs entspricht. Von Poirot über Kim bis Billie hat Timischl die Organisation des Konflikts zwischen Formen, Klassengewohnheiten und seinen Musen gemeistert. Eine Wissenschaft des Krieges, welche visuelle Überstimulation und sanfte Enukleationen unserem unzeitlichem Scrolling gegenüberstellt. Kurz gesagt, eine Anthropologie des Auges, die das Risiko einer Neurasthenie eingeht.